dimanche 12 juillet 2009

pmdump.exe

pmdump.exe est un outil très sympa qui peut être utile lors de test d'intrusion pour récupérer des données auxquelles nous ne devrions pas avoir accès. Il permet de dumper la mémoire d'un processus dans un fichier texte sans arrêter ce processus. Très utile pour récupérer des mots de passe par exemple !

On commence par lister les processus qui tournent sur la machine grâce à la commande pmdump.exe -list, puis on demande à pmdump de dumper la mémoire en précisant le PID du processus ainsi que le fichier texte où sera écrit la mémoire ; pmdump.exe pid fichier.



Grâce à cet outil j'ai réussi à dumper la mémoire de firefox et à trouver mon mot de passe gmail ainsi que le mot de passe de mon blog.
Il est compatible avec Windows NT 4.0, 2000, XP, 2003 et Vista. Je ne l'ai personnellement testé qu'avec Windows XP.

mercredi 13 mai 2009

Debian grâce à l'USB

Le lecteur de CD/DVD aujourd'hui est un peu le lecteur de disquette d'il y a quelques années, il est voué à disparaître. La plupart des ordinateurs actuels en sont même dépourvus, à plus forte raison si le PC à pour objectif de faire une petite passerelle. C'est mon cas aujourd'hui, j'ai acheté un boîtier mini itx pour installer une nouvelle passerelle à bas prix, et bien entendu je n'ai pas de lecteur CD/DVD. Alors comment installer ma petite Debian dessus ? J'ai choisi l'USB (bien entendu la machine doit être capable de booter sur un disque USB, mais c'est toujours le cas avec les machines récentes).

Tout ceci est très bien expliqué ici.

ATTENTION LA CLEF USB SERA EFFACEE ENTIEREMENT


On commence par télécharger le fichier hd-media/boot.img.gz qui contient tous les fichiers de l'installateur, le noyau et le programme syslinux avec son fichier de configuration. On tape la commande suivante :
$ zcat boot.img.gz > /dev/sdX

sdX représente votre clef USB.

Ensuite on copie notre mini distribution debian de type netinst ou businesscard (seul 256 mo de la clef seront reconnues) et on la copie sur notre clef.
$ mount /dev/sdX /mnt/ma_clef
$ cp debian-501-i386-businesscard.iso /mnt/ma_clef
$ umount /mnt/ma_clef

Et voilà, on a maintenant une clef USB bootable permettant d'initier une installation debian. Il ne manque plus qu'à installer les paquets via le réseau.

samedi 18 avril 2009

Clavier/souris réseau ?

Si comme moi vous avez plusieurs PC et que ça vous énerve de passer votre temps à naviguer d'un clavier/souris à un autre, voilà la solution : synergy. Ce petit outil vous permet de partager un clavier/souris entre plusieurs PC connectés au réseau.

Il se décompose en un client et un serveur, disponible sous Linux ou Windows. Le serveur doit s'installer sur le PC qui possède le meilleur couple clavier/souris (celui qui sera utilisé pour diriger tous les PC), et le client sur le ou les PC qui seront dirigés par le clavier/souris du serveur.

Les binaires de synergy se trouvent sur le site officiel. Si vous êtes sur un système debian un simple sudo aptitude install synergy devrait suffire.

La configuration du client est inexistante puisqu'il suffit juste de préciser sur quel serveur il doit se connecter (adresse IP). Par exemple synergyc server_address (notez le c à la fin de synergy pour client).

La configuration du serveur elle est un peu plus compliquée, mais reste néanmoins extrèmement simple. Sous windows, tout se fait grâce à un clickodrome habituel... Sous linux le fichier de configuration du serveur est /etc/synergy.conf.

Voilà un exemple pour deux PC
$ cat /etc/synergy.conf
section: screens
   PC1:
   PC2:
end

section: links
   PC1:
      up = PC2
   PC2:
      down = PC1
end

Que nous dit ce fichier de configuration ? Il commence par définir deux ordinateurs PC1 et PC2, puis il définit les façon de naviguer entre ces deux PC : Quand sur le PC1, le curseur de souris ira vers le haut, le curseur continuera sa course sur le PC2. Quand sur le PC2, le curseur de souris ira vers le bas, il continuera sa course sur le PC1. Le clavier sera actif sur le PC possédant le curseur de la souris.
Il est possible bien entendu de faire des choses bien plus compliquées avec plusieurs PC. N'hésitez pas à regarder toutes les options de configuration qui sont nombreuses.

Voilà comment n'utiliser qu'un seul clavier/souris pour diriger plusieurs PC.

samedi 14 février 2009

Commande host

La commande host est fort utile lors d'un audit car elle permet l'interrogation de serveur DNS de façon très simple.

$ host
Usage: host [-aCdlriTwv] [-c class] [-N ndots] [-t type] [-W time]
[-R number] [-m flag] hostname [server]
-a is equivalent to -v -t ANY
-c specifies query class for non-IN data
-C compares SOA records on authoritative nameservers
-d is equivalent to -v
-l lists all hosts in a domain, using AXFR
-i IP6.INT reverse lookups
-N changes the number of dots allowed before root lookup is done
-r disables recursive processing
-R specifies number of retries for UDP packets
-s a SERVFAIL response should stop query
-t specifies the query type
-T enables TCP/IP mode
-v enables verbose output
-w specifies to wait forever for a reply
-W specifies how long to wait for a reply
-4 use IPv4 query transport only
-6 use IPv6 query transport only
-m set memory debugging flag (trace|record|usage)

Cette commande est disponible dans bon nombre de distributions comme par exemple Ubuntu dans le paquet bin9-host. Elle est aussi bien entendu disponible dans Backtrack Beta 4. Elle a la même utilité que les commandes très connues dig et nslookup.

Exemples d'utilisation

$ host www.free.fr
www.free.fr has address 212.27.48.10
www.free.fr has IPv6 address 2a01:e0c:1:1599::1
time0ut# host 212.27.48.10
10.48.27.212.in-addr.arpa domain name pointer www.free.fr.

La commande host peut être utilisée avec en paramètre soit un nom DNS soit avec une adresse IP. Dans le premier cas host fera une requête de résolution de nom, et dans le second cas une requête de résolution inverse. Par défaut le serveur DNS configuré sur la machine est utilisé. Il est possible d'en spécifier à la suite du nom à résoudre, très utile pour interroger un serveur DNS particulier sans pour autant changer la configuration de la machine.

$ host www.free.fr 4.2.2.1
www.free.fr has address 212.27.48.10
www.free.fr has IPv6 address 2a01:e0c:1:1599::1
$ host 212.27.48.10 4.2.2.1
10.48.27.212.in-addr.arpa domain name pointer www.free.fr.


Il est aussi possible de récupérer des informations précises sur un domaine comme par exemple l'adresse du serveur responsable de l'envoi de mails ou le serveur DNS responsable de ce domaine.

$ host -t MX free.fr 4.2.2.1
Using domain server:
Name: 4.2.2.1
Address: 4.2.2.1#53
Aliases:

free.fr mail is handled by 20 mx2.free.fr.
free.fr mail is handled by 10 mx1.free.fr.
$ host -t NS free.fr 4.2.2.1
Using domain server:
Name: 4.2.2.1
Address: 4.2.2.1#53
Aliases:

free.fr name server freens1-g20.free.fr.
free.fr name server freens2-g20.free.fr.


Le transfert de zone peut se faire de deux façons et est bien entendu très souvent impossible.

$ host -t AXFR free.fr 4.2.2.1
Trying "free.fr"
; Transfer failed.
Trying "free.fr"
Using domain server:
Name: 4.2.2.1
Address: 4.2.2.1#53
Aliases:

Host free.fr not found: 9(NOTAUTH)
; Transfer failed.
$ host -l free.fr 4.2.2.1
; Transfer failed.
Using domain server:
Name: 4.2.2.1
Address: 4.2.2.1#53
Aliases:

Host free.fr not found: 9(NOTAUTH)
; Transfer failed.


Cette commande permet de faire des opérations très simples sur des serveurs DNS. Elle doit faire partie de la trousse à outil de toute personne faisant un audit (ou un équivalent). Nous verrons par la suite des commandes plus évoluées permettant par exemple de brute forcer des serveurs DNS n'autorisant pas le transfert de zone.

dimanche 11 janvier 2009

Commandes OpenSSL

J'ai toujours du mal à me rappeler de la syntaxe de certaines commandes openssl. Je fais donc un petit mémo pour me rappeler de certaines d'entre elles que j'utilise fréquemment. J'en rajouterai progressivement.

Commandes d'encodage


Pour encoder une suite d'octets avec openssl, il faut utiliser la commande enc. Il est possible par exemple d'encoder grâce à cette commande un texte en base64.

# Encodage du texte toto en base64
$ echo -n toto | openssl enc -base64
dG90bw==

# Decodage du texte dG90bw== encodé en base64
$ echo dG90bw== | openssl enc -base64 -d
toto

Il est à noter que pour le désencodage, openssl attend une chaîne de caratères terminée par un retour chariot. Il ne faut donc pas utiliser l'option -n de la commande echo (qui supprime ce caractère de fin). Si dans l'encodage par contre, on rajoute un retour chariot alors ce dernier sera aussi encodé par la commande.

Commandes de chiffrement asymétrique


Le chiffrement asymétrique est à la base des systèmes de PKI. La particularité de ces algorithmes est que la clef utilisée pour chiffrer le message n'est pas la même clef utilisée pour le déchiffer. Les exemples suivant utilisent l'algorithme RSA accessible via la commande rsautl de openssl.
# Chiffrement avec la clef publique RSA<
$ echo toto | openssl rsautl -encrypt -inkey private.pem
$ echo toto | openssl rsautl -encrypt -inkey public.pem -pubin
Ici le fichier private.pem contient le couple clef publique/clef privée. Le fichier public.pem ne contient que la clef publique. Ici seul la clef publique est utilisée dans le chiffrement (le déchiffrement se fera donc avec la clef privée). La sortie ici n'est pas affichée car rien ne dit qu'elle ne contient que des caractères imprimables. Il faudrait pour cela encoder cette sortie en base64 par exemple pour l'afficher.
# Déchiffrement avec la clef privée RSA
$ echo $to_decrypt | openssl rsautl -decrypt -inkey private.pem
La variable $to_decrypt contient ici le texte chiffré.

Commandes de chiffrement symétrique

Les algorithmes de chiffrement symétrique s'opposent aux algorithmes de chiffrement asymétrique car ils utilisent la même clef pour chiffrer et déchiffrer. La commande enc de openssl (qui permettait aussi l'encodage) permet ce type de chiffrement.
# Chiffrement en AES 256 mode CBC
$ echo toto | openssl enc -aes-256-cbc -K $SKEY -iv $IV -salt

# Dechiffrement en AES 256 mode CBC
$ echo $to_decode | openssl enc -aes-256-cbc -K $SKEY -iv $IV -d
La clef servant au chiffrement/déchiffrement se trouve dans la variable $KEY. Elle doit mesurer 32 octets (car AES 256 bits) et être codée en hexadécimal (donc 64 caractères). Le vecteur d'initialisation $IV utilisé dans ce mode de chiffrement doit faire 16 octets codé en hexadécimal (donc 32 caractères).

Commandes de calcul d'empreinte

Pour plus d'informations sur les fonctions permettant le calcul d'empreinte veuillez vous référer à cet autre billet que j'ai écrit. La commande openssl permettant le calcul d'empreinte s'appelle dgst. Les algorithmes disponibles dans openssl sont nombreux : MD4, MD5, SHA-1, RIPEMD160...
# Calcul d'une empreinte SHA-1
$ echo -n toto | openssl dgst -sha1
0b9c2625dc21ef05f6ad4ddf47c5f203837aa32c

# Calcul d'une empreinte MD5
$ echo -n toto | openssl dgst -md5
f71dbe52628a3f83a77ab494817525c6
La sortie de ces commandes est encodée en hexadécimal.

Commandes de génération de clefs asymétriques

La commande openssl pour générer des clefs asymétriques (RSA) est genrsa. La paire de clef générée peut ou non être chiffrée pour plus de protection.
# Génération d'un couple de clef de 2048 bits
$ openssl genrsa -out keys.pem 2048
Generating RSA private key, 2048 bit long modulus
.............................+++
.................+++
e is 65537 (0x10001)

# Génération d'un couple de clef de 4096 bits qui sera chiffré en triple DES
$ openssl genrsa -des3 -out keys.pem 4096
Generating RSA private key, 4096 bit long modulus
...........++
........................................................................................................................++
e is 65537 (0x10001)
Enter pass phrase for key:
Verifying - Enter pass phrase for key:
La pass phrase demandée servira au chiffrement de la paire de clef. A chaque utilisation de cette clef, cette pass phrase sera demandée. Le fichier résultat ici nommé keys.pem contient le couple de clef généré, c'est à dire la clef privée et la clef publique.

Extraction de la clé publique

Comme dit précédemment, lors de la génération de clés asymétriques, la clé publique et la clé privée sont contenues dans le même fichier. Pour extraire seulement la clé publique de ce fichier voilà la commande.
# Extraction de la clé publique du fichier contenant les deux clés
$ openssl rsa -in keys.pem -out public.pem -outform PEM -pubout
writing RSA key

Commandes relatives aux certificats

Openssl permet de faire toutes les opérations basiques que l'on peut effectuer sur des certificats : création de certificats auto signés, création d'une demande de certificat, signature d'un certificat...
# Création d'un certificat auto signé
$ openssl req -new -x509 -key privkey.pem -out cacert.pem -days 1095
Un certificat permet de certifier une clef publique. Cette clef est contenue dans le fichier nommé privkey.pem (contenant aussi la clef privée comme vu plus haut). Dans le cas d'un certificat autosigné, la clef privée sera utilisée pour signer le certificat. Dans notre exemple, le certificat sera valide pendant 1095 jours. Plusieurs autres informations seront demandée comme le pays relatif au certificat, l'état, la ville, l'entreprise, la section et surtout le common name.
# Création d'une demande de certificat
$ openssl req -new -key privkey.pem -out cert.csr
Le certificat obtenu ici n'est pas directement utilisable car il n'est pas signé. Il faudra donc le faire certifier par une autorité de certification de type Verisign, Thawte...

vendredi 9 janvier 2009

Fonctions de Hachage

Aujourd'hui alors que je lisais le document d'un collègue parlant de la nouvelle attaque permettant de faire un rogue CA à partir de la vulnérabilité du MD5, je réalise que j'ai de nombreuses lacunes sur les fonctions de hachage. Ce billet permet donc de faire une petite introduction sur ces fonctions.

Une fonction de hachage qu'est ce que c'est ? C'est une fonction qui prend en entrée une donnée et qui calcule son empreinte, un petit peu comme l'empreinte digitale d'un doigt. Cette empreinte est une suite d'information caractéristique de la donnée initiale.

Les fonctions de hachage sont à sens unique, ce qui veut dire qu'à partir de l'empreinte, il est impossible de revenir aux données initiales. En d'autres termes, si x représente les données et f() une fonction de hachage, alors il n'existe pas de fonction f-¹() permettant à partir de f(x) de revenir x.

Ceci est assez simple à comprendre. Supposons que notre fonction f() ait comme sortie une empreinte de 128 bits (donc 2¹²⁸ empreintes différentes). Si on calcule f(x) pour x allant de 0 à 2¹²⁸ (donc 2¹²⁸+1 valeurs différentes), il y aura au minimum deux f(x) identiques pour deux x différents.

L'autre particularité importante de la fonction de hachage et qu'il est très difficile de trouver une valeur y qui a comme caractéristique que f(y) = f(x) pour x différent de y. Dans le cas idéal, il faudrait brute forcer la valeur de y (c'est à dire tester en moyenne 2¹²⁸/2=2¹²⁷ possibilités) pour trouver un f(y) = f(x) pour un x donné. Le "pour un x donné" est très important car si x n'est pas fixé, d'après le paradoxe des anniversaires, trouver n'importe quel couple x,y tel que f(x) = f(y) ne revient à faire "que" 2⁶⁴ opérations (racine carré de 2¹²⁸).

Ok tout ça c'est bien beau mais à quoi servent ces fonctions ? Ces fonctions sont très utilisées en informatique et particulièrement en sécurité. Les algorithmes MD5, SHA... sont des fonctions de hachages.
On trouve souvent le résultat de ces fonctions à coté de fichier que l'on veut télécharger par exemple. Ce résultat permet de s'assurer que le fichier en notre possession est bien conforme. Il suffit de calculer le md5 du fichier que l'on possède. Si les md5 sont les mêmes, on a bien la même version (et on ne possède pas a priori une version vérolée, excepté bien entendu si le pirate a pu modifier le site web et le md5 affiché).
Une autre utilité est par exemple l'utilisation pour stocker des mots de passe. On ne stocke plus le mot de passe, mais le hash du mot de passe. De cette façon si un pirate s'empare du fichier (ou accède à la base de données), il ne s'empare plus du mot de passe, mais seulement de son hash (et comme il est impossible de remonter aux données initiales...). La vérification de ce dernier se faisant du coup en comparant le hash de la chaîne fournie avec la valeur stockée.
Enfin un autre exemple d'utilité est la signature numérique. Quand quelqu'un vous envoie un fichier, il calcule l'empreinte de ce fichier et chiffre cette dernière avec sa clef privé. A la réception, il ne vous reste plus qu'à déchiffrer la signature grâce à la clef publique de l'émetteur et à la comparer avec l'empreinte du fichier. Si c'est la même, alors vous êtes sûrs que le fichier envoyé n'a pas été modifié par une tierce personne, car seul l'émetteur a pu chiffrer l'empreinte (seul détenteur de la clef privé).

Maintenant que se passe-t'il quand la fonction de hachage n'est pas idéale ? On ne peut bien entendu toujours pas remonter aux données pour les raisons évoquées précédemment, mais par contre la difficulté pour trouver un y tel que f(y) = f(x) peut être réduite. C'est ce qui s'est produit pour le md5, puis plus tard pour SHA-1 qui réduit la complexité pour trouver une collision de 2⁸⁰ itérations (car le SHA-1 produit une sortie de 160 bits) à 2⁶⁹ en Février 2005, puis de nouvelles recherches ont prouvé qu'il était encore possible de faire mieux.

Jusqu'à présent les failles découvertes permettaient de simplifier le calcul pour trouver un couple x,y tel que f(x) = f(y). Chose intéressante bien entendu, mais beaucoup moins que trouver un y tel que f(y) = f(x) pour un x donné. Cela reste un premier pas vers le cassage total de l'algorithme.

Aujourd'hui les recherches en cryptanalyse sur le MD5 montrent qu'il est possible de trouver un y tel que f(y) = f(x) avec seulement une partie de x fixée. Alors vous allez dire que ca casse pas trois pattes à un canard quand il s'agit du mot de passe. Dans ce cas là c'est vrai qu'une bonne atttaque par dictionnaire (ou par rainbow tables) sera toujours plus intéressante, mais dans certains cas cela peut avoir des conséquences beaucoup plus génantes.

mercredi 7 janvier 2009

Attaque ChopChop

Premier article que j'écris en rapport avec la norme 802.11 plus connue sous le nom de WiFi. Pour bien comprendre cet article il est conseillé d'avoir déjà des connaissances sur le fonctionnement du protocole WEP (Wired Equivalent Privacy). Je vais parler d'une attaque relativement connue qui s'appelle l'attaque ChopChop qui a déjà fait ses preuves notamment contre le protocole WEP et qui depuis peu a été utilisé pour mettre en évidence les faiblesses du protocole TKIP (Temporal Key Integrity Protocol). Ce billet est le premier d'une série qui a pour objectif justement d'expliquer cette faille dans TKIP.

Historique


En 2004, alors que le WEP est déjà cassé depuis officiellement 2001, Korek publie la première version d'un outil appelé chopchop qui permet de décrypter n'importe quel paquet chiffré sans connaître la clef[1] WEP. Un nouveau coup dur pour le WEP qui n'en n'avait vraiment pas besoin. Ce n'était ni le premier et encore moins le dernier. Cette attaque probablement moins connue que les attaques FMS ou encore PTW (car elle ne permet pas de trouver la clef WEP) revient sur le devant de la scène grâce à la présentation de Erik Tews faite à la PacSec sur les faiblesses du protocole TKIP.

Fonctionnement de l'attaque


Pour commencer un tout petit rappel sur le fonctionnement du WEP s'impose. Très grossièrement chaque paquet est constitué de deux parties : les données et le CRC32[2] qui permet d'assurer l'intégrité de ces données. Le tout est ensuite envoyé à l'algorithme de chiffrement WEP c'est à dire RC4 : le paquet chiffré envoyé sur le réseau est le résultat du xor entre la concaténation du message et de son CRC32 et le keystream qui est fonction de la clef WEP et du vecteur d'initialisation courant. Si D est le message en clair, ICV l'opération de CRC32 (Integrity Check Value), C le message chiffré, K la clef WEP, IV le vecteur d'initialisation courant et || l'opérateur de concaténation alors ce que je viens d'écrire peut se résumer de cette façon :

C = RC4(IV || K) xor (D || ICV(D))

Ici tout ce qui est en vert est connu par une personne qui n'a pas la clef et qui écoute le réseau et tout ce qui est en rouge est inconnu.

Le CRC32 a à la base était écrit pour assurer l'intégrité des données et en aucun cas pour assurer leur sécurité. L'attaque ChopChop va donc utiliser plusieurs faiblesses de cet algorithme pour injecter des données sur le réseau.

Si l'on souhaite injecter des données dans le réseau à partir d'un paquet chiffré capturé alors nous avons les relations suivantes :

C = RC4(IV || K) xor (D || ICV(D)) est le paquet capturé.

D' représente les données que l'on va injecter dans le réseau tel que : D' = D xor Mod

Nous avons donc :

C' = RC4(IV || K) xor (D' || ICV(D'))

Ici comme nous ne connaissons pas D, nous ne connaissons pas non plus D'.

D' || ICV(D') = (D || ICV(D)) xor (Mod || ICV'(Mod)) ou ICV' est un CRC32 modifié

donc

C' = RC4(IV || K) xor (D || ICV(D)) xor (Mod || ICV'(Mod))

C' = C xor (Mod || ICV'(Mod))

Cette relation montre qu'à partir d'un paquet chiffré valide, il est possible d'injecter n'importe quelle modification de ce paquet. C' qui était inconnu est en définitif seulement fonction d'élément connu.

L'attaque ChopChop utilise une autre vulnérabilité du CRC32. Si le message C est tronqué de son dernier octet de données, le message devient donc invalide car le CRC32 ne correspond plus. Cependant si on xor C avec une certaine valeur Mod, alors le paquet redevient valide. Une démonstration mathématique[3] montre que Mod ne dépend que de la valeur en clair de l'octet tronqué.

On peut donc écrire que Mod = f(X) où X est la valeur en clair de l'octet tronqué.

L'attaque coule maintenant de source. Etant donnée qu'il y a 256 valeurs possibles pour X, il suffit de toutes les tester.

On prend donc notre paquet capturé C, on lui enlève le dernier octet de données. On prend comme hypothèse que la valeur non chiffrée X de cet octet tronqué est 0 et on génère notre modification :

C' = C xor f(x) avec x=0

On envoie C' et si C' est rejoué par l'Access Point alors c'est que notre paquet C' était valide, donc notre hypothèse sur X était bonne. On vient donc de trouver un octet en clair de C (donc un octet de D), et donc un octet du keystream utilisé pour chiffrer cet octet. Si le paquet C' n'est pas rejoué par l'Access Point, alors c'est que notre paquet C' n'est pas valide, donc notre hypothèse sur X était fausse. On retente en incrémentant X, jusqu'à que le paquet C' soit rejoué. En moyenne il faudra donc envoyer 128 paquets pour décrypter un octet.

La suite est évidente, on réitère la même méthode pour trouver tous les octets de D, donc octet par octet.

Outils Implémentant l'attaque


Le premier outil implémentant cette attaque est bien entendu la preuve de concept de Korek.

Le deuxième outil est aireplay-ng de la très célèbre suite aircrack-ng. N'hésitez pas à vos référer à cette page pour la mise en oeuvre de chopchop avec aireplay.

Liens


Voilà une liste de liens qui m'ont permis d'écrire cet article, n'hésitez pas à me corriger si vous avez trouvé des erreurs !

chopchop (Experimental WEP attacks)
Thread initial de Korek sur la preuve de concept. Le contenu du fichier zip que l'on peut avoir directement ici contient plein d'informations très utiles, notamment le fichier DOC.

ChopChop Theory
L'explication de l'attaque faite par le site aircrack-ng

Byte-Sized Decryption of WEP with Chopchop, Part 1
Byte-Sized Decryption of WEP with Chopchop, Part 2
Explications supplémentaires sur le fonctionnement de l'attaque.

Fameuses faiblesses de tkip
Pourquoi c'est pourri le wep part-2
L'explication du fonctionnement de ChopChop sur le blog de Cédric Blancher qui est une mine d'informations sur la sécurité des réseaux WiFi entre autres.

Notes


[1] C'est ici un pléonasme ! Décrypter veut dire trouver le texte en clair à partir du texte chiffré sans la clef.
[2] Le CRC32 comme son nom l'indique fait 32 bits, soit 4 octets.
[3] Cette démonstration mathématique se trouve dans le fichier DOC de la preuve de concept de Korek chopchop-0.1.zip.